La Page du Chef


   

Cette section est celle du Chef de Choeur, Pascal Bezard.

Commentaires sur le Programme Musical de la saison, commandements du Chef, réactions sur l'actualité musicale... il a carte blanche!

 

    Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Boris Homouzikovsky

Lors de notre concert "Si l'Opéra m'était conté" donné le 5 juin 2013, un baryton célèbre, Boris Homouzikovski tenait une place de choix bien que discrète dans le spectacle.. 

Pascal Bezard
a accepté de nous en dire plus sur cette personnalité complexe et fantomatique, que vous pourrez à nouveau apprécier (?) lors du second concert programmé le 6 octobre prochain à Croissy sur Seine.

Lisez attentivement sa biographie mémorable
et vous y trouverez certainement plusieurs réminiscences de contemporains très proches de notre chorale...

Boris Homouzikovsky
, né en Russie septentrionale dans une famille de commerçants amateurs de musique, apprend le basson russe à sept ans. 
Après quelques années d'école, il entreprend de sérieuses études de comptable. À quinze ans, il découvre que sa voix a déjà mué dans un timbre d'adulte. 

L'entendant chantonner des mélodies populaires de Leonid Brejnev jusqu'au « Ah ! Si j’étais riche » d’Yvan Rebroff, sa grand-mère, puis son père, pensent qu'il a, peut-être, une carrière dans l'opéra. Rescapé de la comptabilité « j'avais horreur des chiffres », confie-t-il, Boris demande à être auditionné par  Feodor
Zubrowka, qui l'encourage dans cette direction. 
Il prend alors des cours de chant avec Jefe Pipiogli, et est accepté, à seize ans, au Conservatoire Adolphe Adam de Tchernobyl. Juste après, il part pour Fessenheim, où il travaille, entre autres, avec Maria-Francesca Goleni et le Maestro Gunther von Niederschaeffolsheim
Sa voix est alors proche d'une basse
, mais l'élève travaille dur pour en élever le timbre en baryton-basse colorature.

En 1984, il vient en Italie et gagne le concours des jeunes chanteurs pré pubère de Tumavu. La même année, dans le cadre du Festival dei Due Farfalle, il fait ses débuts sur scène dans le rôle de l’Ange, dans «L'extase de Ste Thérèse », opéra de jeunesse de  Gian Bernini. Dans la foulée, l’Opéra du Vatican l’engage comme doublure du grand Pasquale Besardi pour le rôle du Hallebardier suisse, dans « Ma sœur au couvent », opérette du camerlingue Mozzarello. Il chantera la dernière représentation, le 16 décembre. Cette expérience lui vaut une immédiate reconnaissance de la part du public et de la critique. Plus encore, Sofia Jolia, alors directrice artistique de la Fenice, l’entend et l’engage au Pecq pour cinq ans.

C'est donc dans la cité des Alpicois que Boris va faire ses premiers pas, toujours timide, encombré par sa haute silhouette et sa myopie. Il y chante tour à tour le rôle de La Proie, dans « Tyranosaurus Rex » d'Igor Estravaganski, le Padre Amadei de « La Force du Zazard » de Giuseppe Rougi, le Figaro libéré des « Nonos » de W.A. Zarmo mais aussi la Valkyrie, de l'opéra « J'ai un doute » de Richard Vanier
Il est alors très demandé en Europe : au Teatro Regio
 de l’aéroport de Turin (l’esclave fouetté, dans « Aïdada » de Rougi dès 1988); à la Scala de Milan avec La petite cuiller, dans « Miam-Miam » de Louis Géfain et La concierge, des « Vêpres parisiennes» d' Amélie Poulain . Au Festival de Pen-y-bont ar Ogwr en 1989, il chante son premier « Don Giovanni Super Star » de Zarmo


C'est cependant au Vésinet qu'il rencontre le metteur en scène Paulo Vandangionni, qui lui fait travailler le rôle du P’tit Mousse dans le « Soyouz fantôme » des Frères
Bogdanoff et reprendre de A à Z « Don Giovanni superstar ». Chanter, certes, mais savoir bouger, devenir acteur comptent autant !

Depuis, il aborde tous les répertoires et tous les rôles qui lui tombent sous la main afin de pouvoir comptabiliser un nombre suffisant d’heures pour conserver son statut d’intermittent du spectacle. 
Les salles les plus prestigieuses (Théâtre de la gouttière percée de Villepinte, Gymnase municipal de La Motte Beuvron, Salle des Fêtes de Montredon-Labessonnié, Cave collective de Saint-Nicolas de Bourgueil, Case du chef de Séfofoshantépluo en basse Papouasie,…) acclameront ses interprétations inoubliables du rôle de L’œuf dans « La Poule d’argent » de Youri Cocotoff,  la Chenille Processionnaire dans « L’Arbre vert » de Rameau, le Clou dans « La Planche pourrie » de Charpentier, le Souteneur dans « Le Tournedos » de Rossini, et bien d’autres !

Ce soir, Boris revient donc à son point de départ au théâtre du Pecq, lieu qui le vit naître à la scène dans un florilège d’air pour baryton-basse colorature !

 

    Commandements d'un Chef de Choeur

"Un Chef n'est rien sans choristes"

"Il est et ne doit être que la courroie de transmission entre le choeur et le public. "

"Il doit être celui qui doit tirer le meilleur de ceux qui sont en face de lui pour l'offrir à ceux qui sont derrière lui, en s'effaçant et en se laissant traverser (pas submerger!) par la musique."

"Le choeur ne doit pas chanter pour faire plaisir au chef, mais à travers lui, donner un résultat artistique qui transportera le public dans la musique elle-même."

 

    Le Choriste idéal

L'engagement dans un choeur est un acte important qui implique une petite réflexion sur soi et les autres.

Le but est bien sûr l'épanouissement personnel mais aussi la collaboration harmonieuse d'un groupe en quête de la création d'oeuvres musicales.

Pour guider cette réflexion, je vous propose ces quelques pistes:

Un choriste vient en répétition:
- pour chanter
- pour se faire plaisir
- pour se retrouver avec les autres
- pour créer une oeuvre musicale
- pour offrir son travail à un public futur

Avant de parvenir à optimiser chacun de ces objectifs, le choriste idéal doit:
- être motivé et assidu
- avoir du plaisir et en donner
- chercher à progresser individuellement et collectivement
- se sentir bien avec les autres et les respecter

 

    Le serment du choriste

Encore appelé, le Phantasme du Chef de choeur:

Je ne suis pas absent

Je n'arrive pas en retard

Je ne discute pas avec mon voisin

Je me tiens correctement pour chanter

J'ai toutes mes partitions avec moi

Mes partitions sont classées

Je note toutes les indications du chef sur ma partition

Je regarde le chef pendant l'interprétation de l'oeuvre

Je regarde mes partitions à l'avance entre deux oeuvres

Je n'oublie pas que je chante 'avec' les autres et non pas 'contre' les autres

Je n'oublie pas que je chante surtout pour le public

Je dois avoir une confiance totale envers les recommandations du chef.